Micro-mobilité urbaine : de l’effet de mode à la démocratisation

Si vous vivez en ville, vous les avez forcément déjà aperçues… Les trottinettes électriques ont envahi les rues, au grand désespoir de certains piétons et automobilistes. Mais pour d’autres, le sentiment associé à ces engins de micro-mobilité urbaine est bien plus positif : le marché a pris une ampleur inattendue et semble extrêmement prometteur. On pensait que la mode des trottinettes disparaîtrait ? Elle semble plutôt se démocratiser et inspirer les constructeurs, retailers et consommateurs. TechSell vous propose de décrypter ce phénomène qui s’inscrit désormais dans les habitudes des Français.

Une nouvelle manière de se déplacer 

Les engins de déplacement personnel (EDP) ont poussé comme des champignons bien avant le confinement. Mais la crise sanitaire a d’autant plus accéléré leur utilisation : les habitants des grandes villes ont cherché à s’échapper des transports en commun, pouvant être vus comme « risqués » face à la COVID-19. L’enjeu de protection de l’environnement y est aussi pour beaucoup : les urbains changent doucement mais très sûrement leurs modes de transport.  

Il faut dire que l’Etat et les grandes villes encouragent l’utilisation de nouveaux modes de mobilités : Forfait Mobilités Durables, pour aider les salariés français à financer leur vélo, aides de la part des villes (jusqu’à 600€ !) pour l’achat d’un vélo électrique, piétonisation du centre de Paris, développement des pistes cyclables… Les mesures s’enchaînent pour préserver la santé de la planète, mais aussi celle de ses habitants. 

La trottinette électrique : produit star de la mobilité verte 

Ceux qui sont nés dans les années 90 ont probablement demandé une trottinette à Noël ou pour leur anniversaire. Sauf que celle de l’époque n’avançait pas toute seule, et a disparu de la circulation un temps… Avant de redevenir tendance grâce à sa petite sœur électrique. Depuis 2017, le boom des trottinettes électriques est tout simplement fulgurant : Lime, Dott et autres concurrents du libre-service se disputent encore le marché, et le total d’engins vendus en France en 2020 selon Smart Mobility Lab s’élève à 478 000 unités, soit une augmentation de 105% en un an

Mais la trottinette, c’est un peu l’arbre qui cache la forêt de la micro-mobilité : les gyropodes, hoverboards, vélos et petites voitures électriques ou encore vélos cargo ont eux aussi une place importante dans les déplacements quotidiens : en 2017 déjà, on comptait 1,73 million d’engins de déplacement personnel vendus, et l’électrique représentait 61% de part de marché à l’époque. Désormais, si le succès des EDP n’est plus à prouver, il reste encore une question que beaucoup d’utilisateurs se posent : vaut-il mieux acheter, ou louer ? 

L’achat d’EDP démocratisé en magasin 

Depuis mars 2020 et le confinement, le service de vélos en libre-service de la ville de Paris, Vélib, a enregistré 50 000 abonnés annuels supplémentaires. La moitié des déplacements sont faits avec des Vélib électriques. Un signal fort ayant bien sûr engendré, comme nous l’évoquions auparavant, la mise en place de diverses mesures pour poursuivre la tendance du vélo en ville. Les grèves en France ont également poussé les urbains à trouver de nouveaux moyens de transport : la location a donc profité de cette période de chamboulement pour voir ses abonnements et utilisations fortement augmenter. Mais avec les aides d’Etat et des villes c’est bien l’achat qui semble en sortir plus fort : les ventes décollent, les prix baissent grâce notamment à Xiaomi ayant rendu la trottinette électrique plus accessible (aux alentours de 390€) et les Français choisissent de plus en plus d’acquérir leur propre EDP. 

Les engins avec moteur (EDPM) représentent au global un marché estimé à 220,3 millions d’euros sur l’année 2019, en hausse de 31% par rapport à 2018. 

Gyronews, selon le baromètre 2019 FP2M/Smart Mobility Lab

Un désir vite assouvi en magasin : n’avez-vous pas remarqué que ces produits envahissent petit à petit les corners des différents retailers ? La FNAC, Darty, Boulanger, magasins spécialisés dans la mobilité, ou plus surprenant encore les GSA comme Lidl, Auchan & consorts : tous ont bien vite compris que le boom était susceptible de durer… 

Beaucoup en ont même la conviction réelle et n’hésitent pas à mettre de plus en plus en avant leurs produits en magasin. La FNAC a créé récemment un corner dédié aux nouvelles mobilités :  

aperçu d'un corner Fnac Mobilité

FNAC-Darty est également le retailer partenaire de la dernière Citroën AMI, véhicule électrique sans permis disponible à la conduite dès 14 ans. Ce « quadricycle » apparaît en bonne place, parfois dès l’entrée, dans une vingtaine de magasins de l’enseigne. 

Preuve également que les constructeurs automobiles ont eux aussi misé sur le phénomène et veulent aussi s’offrir une part du gâteau : outre Citroën ou encore Renault avec Zoé, Seat annonçait fin 2019 le lancement d’une nouvelle Business Unit dédiée aux micro-mobilités. Il semblerait que la BU n’ait pas chômé, puisque cette dernière présentait en juin 2020 son e-scooter Seat MO, tout en le déclinant dans une version destinée à l’auto-partage déjà testée en ce moment à Barcelone… 

Alors, qui finira par s’imposer comme le leader incontesté des micro-mobilités dans les années à venir ?   

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